Ne pleure pas…

Ne pleure pas…

Est-ce que je laisse pleurer ou pas mon bébé, mon enfant, mon jeune? Quand et comment intervenir? Comment répondre à son besoin? Pourquoi pleure-t-il, je fais de mon mieux pourtant…

Voilà d’excellentes questions qui méritent des réponses claires. Selon nos valeurs et toutes les écoles de pensée qui existent… soit nous laissons pleurer l’enfant ou nous lui répondons rapidement.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que de laisser pleurer un enfant est mal vu, que ce n’est pas correct.

Les pleurs dun enfant (petit ou grand) sont un moyen de communication

Un bébé qui pleure est sa seule manière d’exprimer son mécontentement et ses demandes comme:   j’ai faim, j’ai soif, je suis fatigué, viens me chercher mon dodo est fini, je veux changer de position, change-moi de place, j’ai mal, je ne te vois plus, etc.

Être à l’écoute et apprendre à reconnaitre ses pleurs permet répondre à son besoin rapidement.

La problématique est qu’au fur et à mesure que l’enfant grandit, nous continuons à lui donner tout ce qu’il veut dès qu’il pleure car nous voulons qu’il arrête. Le petit comprend rapidement et très tôt dans sa jeune vie comment agir avec vous pour avoir tout ce qu’il veut. Ce n’est pas de la manipulation, son niveau intellectuel n’est pas suffisamment mature pour agir intentionnellement, sauf qu’il est en apprentissage action-réaction. « Je pleure = je vais avoir ce que je veux »

Il est important d’enseigner à notre enfant d’une manière adaptée à son âge, comment communiquer ses demandes et ses émotions avec des mots, des gestes, pointer du doigt ou à l’aide de pictogrammes.

Peu importe l’âge de l’enfant, quand il vit de la tristesse, de l’anxiété, etc., et que son besoin affectif est atteint, il est important de le consoler, d’exprimer notre empathie et de la compassion en nommant ce qu’il vit. Ainsi, il va apprendre à exprimer et nommer ses mots et comprendre ce qu’il vit. Il se sentira écouté et compris. Son besoin affectif sera comblé.

Ex : « Je comprends tu as faim… »

« Tu es triste parce que ton ami t’a enlevé ton jouet »

Jentends des phrases comme… et quelques pistes de réflexion

-« Ne pleure pas… » L’enfant entend « Pleure » le « pas » il ne l’entend pas…son subconscient ne le prend pas. C’est comme « ne cours pas ». Ça a le même effet. Plutôt dire: « Calme-toi, met un beau sourire sur ton visage » c’est positif, son inconscient va le prendre, l’amener dans son conscient et exécuter ce que vous voulez. Cela ne se fait pas dans l’immédiat. C’est tout un changement d’habitude pour nous de communiquer ainsi et pour l’enfant qui le reçoit.

-« Tu es grand, tu ne pleures pas… » C’est comme si vous lui empêchiez d’exprimer sa tristesse. Peu importe l’âge de l’enfant, vous lui ajoutez beaucoup de poids sur les épaules. Est-ce que vous pleurez parfois? Il n’y a pas d’âge pour pleurer.

-« Ne pleures pas, sinon je ne jouerai pas avec toi ce soir » WOW! Pas le droit de pleurer et en plus on le menace (sinon). Est-ce que vous allez maintenir ce que vous avez dit? La cohérence est très importante dans l’éducation. De plus, si c’est un petit de moins de 5 ans et vous lui avez dit cela le matin à la garderie, il y a de fortes chances qu’il ne s’en souvienne plus le soir.

-« Il pleure avec cette éducatrice-là… » Effectivement ça peut arriver. Dans bien des cas, l’enfant pleure très peu de temps après votre départ. Si dans votre message non verbal vous démontrez de l’inquiétude ou de la surprotection, c’est sûr que le petit va pleurer. Posez-vous ces questions: quelle est mon attitude lorsque je le laisse à l’intervenante? Est-ce qu’il s’attend à obtenir ce qu’il veut, car il a toujours ce qu’il veut quand il agit ainsi? Est-ce qu’il pleure comme ça chaque matin peu importe l’éducatrice qui l’accueille? Est-il dans une phase d’anxiété de séparation? Est-ce qu’il vit des changements (séparation, déménagement, etc.) Comment a été l’ambiance depuis le levé? Est-il toujours à la garderie? A-t-il besoin de vacances, car très fatigué?

-« Ne pleures pas et je vais te donner une surprise ce soir » Une bonne façon d’acheter la paix. Qu’est-ce que vous allez lui donner à 16 ans parce qu’il aura eu un bon comportement? Commencer tôt cette stratégie de récompense vous amènera bien du souci à long terme.

-« Arrête de faire ton bébé… » Est-ce que nous sommes un bébé parce qu’on pleure? Pourquoi il pleure? Est-ce parce qu’il y a une nouvelle naissance à la maison et qu’il voit que vous vous occupez plus du bébé à chaque fois qu’il pleure? Est-ce sa seule façon d’avoir votre attention?

Quest-ce qui va arriver à long terme si vous lui donnez tout ce quil veut dès quil pleure?

-Ces pleurs peuvent s’amplifier et se transformer en crises au fur et à mesure que l’enfant grandit si vous ne faites rien. Il cherche vos limites, une sécurité affective.

-Il n’aura pas appris à accepter le « Non », résolution de conflit, verbalisé des demandes et communiquer ses émotions, etc. Des habiletés sociales essentielles à apprivoiser pour bien vivre avec les gens qui nous entourent et en société. Ça s’apprend tôt, dès l’âge de la petite enfance.

Comment intervenir?

a) Quand on sait qu’il est capable de bien exprimer ce qu’il veut?

On ignore intentionnellement ses pleurs et on répond seulement quand il s’exprime de la bonne façon, comme nous lui avons montré. Calme, avec un sourire et poliment.

b) Est-ce correct si je le fais patienter un peu?

Oui c’est correct à moins que ses pleurs soient la cause d’un mal physique ou affectif…on répond rapidement à son besoin. Une bonne organisation et planification de la routine journalière sécurise et aide à répondre aux besoins essentiels de l’enfant au moment opportun.

Ce que je trouve inquiétant aujourd’hui est que beaucoup de gens n’ont plus aucune tolérance aux pleurs d’un enfant. Que ce soit au restaurant, au magasin, tout lieu public et même à la maison. Sans tomber dans l’exagération, il n’y a rien de mal. Il n’y a que des solutions pour régler la situation.

Si l’enfant pleure, c’est qu’il y a une raison, il s’agit maintenant d’intervenir selon son besoin afin qu’il grandisse de façon responsabilisante devant ses actions et ses choix.

L’enfant, peu importe, son âge a besoin d’encadrement, de connaitre vos limites. Il a besoin de se faire dire « Non ». Plus vous retardez de mettre vos limites, plus ce sera difficile et vous serez en constante intervention. Cela prend plus d’énergie lorsqu’on est toujours en intervention que d’instaurer  rapidement un encadrement sécuritaire pour l’enfant, vous aurez comme résultat que des moments de vie de qualité aujourd’hui, à moyen et à long terme.

Je ne veux pas vous faire pleurer…en tant que parents, nous sommes l’exemple et un guide pour l’enfant tout au long de sa vie de petit, enfant et adolescents.

 

 

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janvier 25, 2015 / Comportements

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