Jeux de gars…

Jeux de gars…

Je me souviens lorsque j’étais très jeune avec mes amis on jouait aux cow-boys et aux indiens, et aux méchants. Quand on se faisait tirer, comme si on venait de se faire tuer par une balle de fusil, on se couchait par terre, on se relevait dix secondes après et nous étions de nouveau vivant et le jeu continuait.

Mon frère aimait se tirailler avec moi et ma sœur. On jouait à la lutte. Il pratiquait les prises qu’il voyait à la télévision. Je peux vous le dire, il y a des prises qui font vraiment mal. Ayoye!!

« Ça va virer en jeu de chien !» Avez-vous déjà entendu cette expression ? Tant qu’il n’y en a pas un qui se met à pleurer pendant une période de tiraillage, le jeu continue. C’est souvent comme ça que ce jeu finit d’ailleurs, n’est-ce pas? Oui, en particulier s’il n’est pas supervisé et si le but est de régler un conflit par l’agressivité.

Petite question… sommes-nous plus violents aujourd’hui parce que nous avons joué à ces jeux ?

Non, je ne crois pas. Enfin… je ne le suis pas et beaucoup d’entre nous ont joué à ces jeux dans notre jeunesse et nous n’avons pas d’excès de violence pour autant aujourd’hui.

Alors, pourquoi empêchons-nous les petits garçons de jouer à la bataille, de faire semblant de tirer du fusil ? Et pourtant, ils savent très bien que la bataille et la violence existent. Dès l’âge préscolaire, on leur laisse regarder Spiderman et tous les autres super héros. Et ça, on trouve ça normal. C’est à n’y rien comprendre…

La télévision a une grande influence sur le développement de l’enfant.

*« Selon la théorie de l’apprentissage social, les enfants qui regardent beaucoup la télévision imiteront les modèles qu’ils voient et adopteront les mêmes stéréotypes sexuels. La recherche confirme ce phénomène ».

Ils imitent ce qu’ils sont vus sur l’écran télé, après on leur demande d’arrêter de jouer à ces jeux. Assez contradictoire, vous en conviendrez, n’est-ce pas?

Il faut prendre l’âge de l’enfant en considération avant de lui faire visionner ce genre de film. C’est à nous, adulte, de discerner les émissions adaptées pour l’âge de notre enfant.

Alors, comment les laisser jouer à ces jeux sans que ça vire en jeu de chien ? Et qu’est-ce que ça va leur apporter de plus si on les laisse jouer à ces jeux ?

Après la formation que j’ai faite, « Jouons comme les garçons » de Daniel Berthiaume et de François Vaillancourt, j’ai compris l’importance de laisser jouer nos jeunes hommes à ces jeux. Sauf que… ça demande à chacun de nous réflexion. Ça vient chambouler nos valeurs. Surtout les femmes, car nous, nous n’aimons pas ces jeux de bataille. Et qui est-ce qui s’occupe de vos petits lorsque vous êtes au travail ? Dans la majorité des cas, ce sont des éducatrices et des enseignantes.

Continuellement, nous arrêtons les gars de jouer à ces jeux. Ils s’amusent pourtant !

Les garçons affichent leur masculinité dans ces jeux symboliques.

Nous avons peut-être peur… De quoi ? Je l’ignore. On se sent agressé avec ses cris et avec son arme-jouet ? Les petites filles n’aiment pas ça ? Peur que l’enfant devienne violent en grandissant ? Quelle émotion cela vous fait vivre ? Je crois que c’est cette question qu’il faut se poser au départ.

Plus on interdit à l’enfant de jouer à ces jeux de guerre, plus il risque de le faire en cachette. Il ne faut pas confondre jeux de rôle et la guerre dans la vraie vie. Ces jeux vont permettre aux garçons d’acquérir des habiletés sociales et à exprimer ses sentiments intérieurs agressifs de façon symbolique.

Avec notre soutien, il apprendra à canaliser son énergie et à faire la distinction entre le jeu et la réalité.

L’astuce idéale pour permettre ces jeux symboliques est de superviser et que l’enfant ait du plaisir. Il n’y a pas de jeu sans ces deux points.

Voici des astuces simples et pratiques :

Avec des armes

Ce qui m’agresse le plus dans ce jeu est d’entendre le « pow- pow » et d’avoir l’index pointé sur moi. J’ai l’impression qu’il m’en veut et je vais me faire tirer une balle pour de vrai.

Quand il crie « pow-pow », je demande, « quel son peux-tu faire d’autre que pow-pow? », question à laquelle il ne s’attend pas, surtout la première fois. Il trouve un son qui lui convient et qu’il exprime aisément tout en s’amusant et c’est beaucoup plus plaisant pour mes oreilles, surtout s’il joue à ce jeu à l’intérieur. Je vous conseille de permettre cette activité seulement lorsqu’il est à l’extérieur. Il peut courir et s’amuser plus librement.

Pointer du doigt  et viser, trouver une cible.

Créer un fusil-jouet et une cible.

Créer une épée-jouet et une armure et jouer au chevalier.

Jouer avec des fusils à eau. C’est amusant !

Avoir un coin spécifique pour ces jeux.

Jouer avec lui. Renouer avec vos jeux de jeunesse. Votre fils sera très fier de vous avoir comme partenaire de jeu.

La bataille

J’ai déjà supervisé une bataille de deux jeunes garçons de 4 ans en milieu de garde. Ca été un moment mémorable pour moi. C’était ma preuve qu’en appliquant deux principes de base : plaisir et supervision, de la formation « Jouons comme les garçons », fonctionnent merveilleusement bien.

Ils se sont tiraillés pendant 15 minutes. J’étais près d’eux, j’observais et supervisais. J’ai même demandé d’arrêter quelques minutes, car il y avait un parent avec qui je devais discuter. Au bout de 15 minutes, je les ai arrêtés et demandés d’aller jouer dans le sable. Deux garçons qui habituellement bougeaient beaucoup étaient maintenant assis dans le carré de sable tranquilles et concentrés à faire des châteaux de sable. Toute cette période s’est faite dans le plaisir.

Savoir-Être : Calme, confiance, plaisir

Savoir-Faire :

– Vous voyez que les gars aiment ce jeu et vous aimeriez les laisser jouer sauf que ça vous demande un grand effort d’attitude et vient trop chambouler vos valeurs. Commencez une étape à la fois. Ex : laisser se tirailler 1 minute

– Montrer à l’enfant qui se sent agressé d’exprimer son mécontentement face à la situation. Et au batailleur, le chevalier ou celui qui crie comme un méchant à écouter et respecter la demande de son ami. Chacun développe des habiletés sociales.

– Mon enfant joue avec son père et devient excité et fait mal par la suite. Il n’a pas conscience du mal que ça peut faire.

Conseil : Débutez par verbaliser les règles claires. Prenez un time-timer et arrêtez le jeu après 30 secondes de bataille. Félicitez le jeune s’il a réussi à bien jouer sans faire mal. Dès qu’il veut blesser ou passe à l’acte, le jeu s’arrête. Ajoutez quelques secondes la fois d’après. On augmente le temps graduellement d’une fois à l’autre.

– Avoir un coin spécifique pour ces jeux

– Supervisez ces jeux (si ce sont deux jeunes enfants qui jouent)

– Règles claires : elles peuvent être écrites et affichées à la vue dans le coin jeu symbolique

Exemples de consignes :

Plaisir

Jouer dans un endroit spécifique

Temps alloué

Avec des armes-jouet : Viser le torse et le ventre

Arme fabriquée avec des matériaux de bricolage

Arrêt du jeu si l’une de ces règles n’est pas respectée

– En milieu de garde, avoir un coin approprié pour ces jeux ? C’est une décision d’équipe. Il est important d’informer et d’expliquer les bienfaits aux parents utilisateurs et que dorénavant vous permettrez ces jeux.

Amusez-vous bien les gars !

 

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*Réf : Le développement de la personne, groupe Beauchemin, éditeur Ltée, 2003, p.210.

**Réf : Formation « Jouons comme les garçons » de Daniel Berthiaume et de François Vaillancourt

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septembre 23, 2014 / Développement

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